PAT BENATAR : " L’épatante "

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L’on parla un moment d’attribuer à Ellen Folley le titre de la Springsteen Femelle, mais la belle Ellen s’est endormie sur son second album pour n’être plus qu’une Belle au rock dormant.
Par contre, la petite et alléchante Pat Benatar n’a pas remisé sa jolie petite fureur et ce troisième album, au titre bien justifié, indique que c’est elle à présent qui peut s’enorgueillir d’être au rock féminin ce que Bruce est au rock masculin, tant cet album lyrique et percutant semble pouvoir rivaliser avec " the river ".

Rien moins, je n’exagère pas. Elle, qui aurait pu n’être qu’une prêtresse du hard, est en train de s’épanouir et de dominer en maîtresse-fée le rock tous azimuts.

Certes ce Precious time demeure majoritairement un disque hard, la lascive violence, mais Pat et ses complices, gens on ne peut plus avisés et futés, ont su donner à ce hard des couleurs très diversifiées, si bien que cet album apparaît d’une extrême densité, en cela supérieur à ces prédécesseurs et en cela aussi comparable a Springsteen, cet autre énergique touche-à-tout.

La comparaison avec Bruce peut même être musicale, si l’on se réfère à l’aplatissant premier morceau, l’héroïque "Promises in the dark", qui est vraiment digne de l’E Street Band par son intro déchirante et ses riffs épiques.

Mais rassurez-vous, Pat ne fait pas du Springsteen au féminin, elle agit et s’impose simplement comme lui. Et quelle énergie dans ce petit bout de femme-enfant, lorsqu’elle éructe les striantes syllabes de " fire and ice ", plus purement hard, lorsqu’elle s’agrippe aux déhanchements de cet étonnant reggae métallisé qu’est " it’s a tuff life " ou qu’elle se lance à corps perdu dans une reprise bouillonnante de " Helter Skelter " des Beatles qui vaut bien celle d’Aérosmith, largement.

Vrai, cette Pat qui a recueilli tous vos suffrages lors du dernier reférundum, est effectivement un fameux tempérament et quelqu’un qui sait prodigieusement bien user du rock de première grandeur. Il faut dire qu’elle est fort bien entourée, et que tout dans ce disque sonne juste, opportun, avec une combinaison idéale entre le feeling, bien grinçant et les apprêts musicaux qui font de ces deux faces une fiesta pour l’oreille.

Avec en plus des guitares superbes, des refrains en accroche cœur, tout décidément pour un plaisir complet.
Pat est bel et bien en train de transcender la phase de ses promesses pour se révéler totalement et elle nous propose ici un moment vraiment plus que précieux du rock doré. Epatante quoi !

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